La Ratatouille folle Chapitre 2 – En France
Chapitre 2 – En France
L’avion atterrit enfin à Marseille.
Daniel colle son visage à la fenêtre : il n’en revient pas.
Julie, elle, garde son sac contre elle, un peu anxieuse.
À la sortie, Arnaud attend déjà. Il ouvre les bras et serre Daniel très fort :
— Salut, Daniel ! Tu es enfin ici ! dit-il, tout joyeux.
— Salut, Arnaud ! Ça me fait tellement plaisir de te voir ! répond Daniel avec un grand sourire.
Arnaud tourne enfin la tête vers Julie.
Daniel la présente avec fierté :
— Et voici ma sœur, Julie.
Arnaud s’approche, un peu intimidé, puis sourit chaleureusement :
— Enchanté de te connaître, Julie ! Bienvenue à Marseille !
Julie rougit légèrement et murmure :
— Salut… Arnaud.
Arnaud regarde Daniel avec un petit rire :
— Ta sœur est très timide, n’est-ce pas ? dit-il à voix basse.
— Oui, c’est vrai… mais elle est adorable, répond Daniel en la regardant avec affection.
Un peu plus tard, ils montent dans un taxi.
Il fait très chaud : le soleil du mois de juin brûle déjà.
— Il fait vraiment chaud ici ! se plaint Julie en s’éventant.
Le taxi les emmène jusqu’au centre-ville. Le trajet coûte cinquante euros : une somme que Daniel trouve énorme.
Ils arrivent bientôt à l’appartement où vit Arnaud.
Il les aide à monter leurs valises et leur montre leurs chambres.
Le ventre de Daniel gargouille.
— Arnaud… On a très faim. Où est-ce qu’on pourrait manger ?
Arnaud réfléchit une seconde.
— Il y a deux restaurants tout près d’ici.
Daniel ouvre grand les oreilles.
— Quel type de cuisine ils servent ?
— Dans l’un, « La Ratatouille folle », on sert une ratatouille exceptionnelle. Mais il faut prendre le bus pour y aller.
Et l’autre est juste à côté : ils font du poisson frais, délicieux !
Daniel se tourne vers sa sœur :
— Julie, tu veux manger une ratatouille ?
— Bien sûr ! J’ai très faim !
Arnaud reste à l’appartement. Il doit corriger des devoirs : il travaille dans une école primaire et a une classe cet après-midi.
Julie et Daniel partent donc seuls.
— Julie, tu sais quel bus il faut prendre ? demande Daniel dans la rue.
— Aucune idée. Il vaut mieux demander à quelqu’un…
— Regarde ! Ce monsieur avec la chemise blanche et jaune !
Daniel s’avance.
— Bonjour monsieur ! Excusez-nous… On peut vous demander quelque chose ?
— Bien sûr ! répond l’homme avec un large sourire.
— Comment aller au restaurant « La Ratatouille folle » ?
— Ah, facile ! Vous prenez le bus trente-cinq ici. Il va directement dans la rue du restaurant.
Il marque une pause…
— Mais il y a un problème : il est presque toujours plein !
Julie fronce les sourcils. L’idée d’un bus bondé ne lui plaît pas du tout.
— Daniel… Et si on allait au restaurant de poisson ? Je n’aime pas les bus pleins…
Daniel réfléchit puis dit :
— J’ai une idée ! Je prends le bus trente-cinq jusqu’à la ratatouille. Toi, tu vas manger le poisson ici.
Julie le regarde, surprise :
— Pourquoi faire ça ?
— Comme ça, on pourra comparer les restaurants !
— Hmm… bonne idée ! Je t’appelle sur ton portable !
Daniel lui fait un signe et monte dans le bus suivant.
La chaleur et la fatigue le gagnent… Ses yeux se ferment… Il s’endort complètement.
Quand il se réveille, le bus est vide.
Juste le conducteur regarde l’heure, prêt à descendre.
Daniel se lève brusquement :
— Excusez-moi… On est où, là ?
Le conducteur répond calmement :
— À Nice.
Daniel écarquille les yeux.
— Nice ? Ce n’est pas possible…
Il sort du bus, paniqué. Nice est à des centaines de kilomètres de Marseille !
Il cherche son téléphone… plus de batterie. Il ne peut prévenir personne.
Il marche dans les rues, perdu. Finalement, il croise une vieille dame :
— Excusez-moi, madame. Il y a une cabine téléphonique ici ?
— Oui, au coin de la rue, jeune homme.
— Merci beaucoup ! Passez une belle journée !
— À vous aussi !
Il regarde sa montre : cinq heures de l’après-midi. Julie doit être morte d’inquiétude !
Il entre dans la cabine… Mais il ne se souvient pas du numéro de Julie. Il est dans son téléphone éteint.
— Génial… un téléphone, mais aucun numéro !
Son estomac gargouille encore. Il décide d’abord de manger.
Il entre dans un restaurant. Le serveur arrive aussitôt :
— Bonjour !
— Bonjour… euh… Je voudrais un verre d’eau et… de la rat-a-tool ?
Le serveur le regarde, perplexe.
— Pardon ?
Daniel éclate de rire et montre du doigt « ratatouille » sur le menu.
Le serveur sourit enfin et note la commande.
Daniel rit encore.
— On voulait manger de la ratatouille… et maintenant je suis ici à Nice, à en manger tout seul !
Autour de lui, des gens le regardent : il s’en moque.
Soudain, une idée lui traverse l’esprit :
— Je vais appeler Londres !
Il retourne à la cabine téléphonique et compose le numéro de ses parents.
— Bonjour ? fait une voix familière.
— Maman, c’est Daniel.
— Mon chéri ! Comment ça va à Marseille ?
— Maman… j’ai un petit problème.
— Qu’est-ce qui se passe ? C’est grave ?
— Non… mais je suis à Nice. Et mon portable n’a plus de batterie.
Un silence.
— À Nice ? Mais qu’est-ce que tu fais à Nice ?! s’exclame Claire.
— C’est une longue histoire… Appelle Julie. Dis-lui que je vais bien.
Après l’appel, Daniel décide de chercher un hôtel.
Il en trouve un, paie une nuit, monte dans sa chambre.
Il se jette sur le lit, épuisé. En quelques secondes, il s’endort profondément.
Quelle journée de fou !